COMITE DE DEFENSE DES SERRES ET DU JARDIN BOTANIQUE DE LIEGE ASBL

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"ROBERMONT"
J. Beaujean - 2000



COURTOIS Richard (1806-1835) 

  

  • Verviers 18/1/1806 - Liège 14/4/1835.
  • Epoux de Louise Caro.
  • Médecin et botaniste, sous-directeur du jardin botanique de Liège.

 


R. courtois

Son père, modeste fabricant de draps, chargé d'une famille nombreuse ne pouvait donner à ses treize enfants une éducation soignée. Cependant, le jeune Richard, placé dans une petite école savait lire correctement à l'âge de 4 ans ; hors des heures de classe, il allait jouer aux abords de sa ville natale.

On sait que le docteur Lejeune préparait, dans ces années là, sa flore de Spa, publiée en 1811.

Lors de ses visites médicales, il descendait souvent de cheval pour herboriser et recueillir les plantes nécessaires à son entreprise. Le jeune Courtois, délaissant ses compagnons de jeu se hasarda un jour à demander au docteur la permission de tenir la bride de son cheval ; son but étant de voir de près ce qui occupait autant Lejeune. Celui-ci le prit en affection et fit entrer son jeune protégé, alors âgé de six ans, au collège.


A.L.S. Lejeune (1779-1858)

A quatorze ans, il avait fini ses humanités et remporté les premiers prix au Collège municipal de Liège. Lejeune s'entendit alors avec un autre homme généreux, Monsieur Genin, marchand de laines, le même à qui le célèbre violoniste Henri Vieuxtemps (1820-1881) dut aussi en partie sa progression, pour permettre au jeune Courtois d'entrer à l'Université et y faire ses études de médecine. Il subit son dernier examen avec la plus grande distinction, le 20 juin 1825. A peine fut-il reçu candidat en médecine qu'il fut nommé chef de la clinique interne à l'hôpital de Bavière à Liège. Mais l'étude des plantes était restée sa grande passion, et il y consacra une part de plus en plus importante de son temps. Il fut nommé sous-directeur du jardin botanique en date du 1er janvier1826 (lettre du 20/12/1825), sous la direction du professeur H. Gaëde (1795-1834). Il put de ce fait donner libre cours à sa plume et les nombreux travaux qui en résultèrent témoignent de l'ardeur avec laquelle il s'y consacra.

Notons au passage la publication de : Index plantarum horti botanici Leodiensis, 1828. Cet ouvrage, bien que signé par Gaëde, fut en fait rédigé par Courtois et nous ne pouvons résister au plaisir de citer un extrait de la lettre que celui-ci envoyait à Lejeune le 4 mars 1828 (Mn. ULg n° 2652) :

"Le Professeur G. le publie sous son nom en nous accordant force éloges. Sci vos non vobis. Mais cela m'est indifférent. Ceci me prouve que les consciences les plus scrupuleuses se relâchent quelquefois vis à vis de la vanité ou de l'intérêt".

Pour de plus amples renseignements sur la vie de Courtois, nous renvoyons le lecteur aux biographies rédigées par C. Morren (1838, 1855). Il nous apparaît plus instructif de relever quelques faits glanés dans la correspondance de Courtois à Lejeune (Mns. ULg nn° 2647 à 2658), composée de quelque 794 feuillets.

19/10/1820 : à propos du voyage de Gaëde à Paris, où il rencontra notamment C.H. Persoon (1755-1837) ; "il a été rendre visite à Mr Persoon qu'il a trouvé dans une pauvreté extrême et ne vivant que de ses ouvrages. Il lui a acheté une collection de cryptogames de tous les genres pour l'université. elle coûte 400 frs. il veut vendre toute sa collection pour 10000 frs et il promet que toutes les plantes qu'il reçoit journalièrement de ses correspondants et toutes celles qu'il recueillera jusqu'à sa mort seront pour l'Université".

12/7/1821 : "Mr Gaëde a reçu encore de Persoon environ 160 espèces de mousses qui n'étaient pas dans l'autre collection, avec plusieurs belles fougères exotiques pour 115 frs".

17/11/1821 : "Le pauvre Persoon va en augmentant de misère. Il a écrit dernièrement à M. Gaëde, en lui demandant s'il ne connaissait personne qui voulût lui acheter 600 espèces phanérogames toutes de la Suisse pour 120 frs. ... C'est triste de voir un homme aussi célèbre abandonné comme il l'est ; sans amis, sans parens, et surtout sans argent".

15/10/1824 : "Mon cher ami ! J'ai reçu les dernières feuilles de votre Revue qui fourmillaient de fautes d'impression comme à l'ordinaire, je les ai revues après vous, et j'en ai encore bien trouvées ; enfin elles sont remises à l'imprimerie et j'en attends les deuxièmes épreuves. J'ai fait connaître par écrit à Madame Duvivier ce qui concerne le reste de l'ouvrage et que vous me mandiez dans votre lettre. J'ai appris d'elle antérieurement que l'ouvrage était tiré, suivant vos conventions à 300 exemplaires".

30/10/1825 : "Vous avez peut être appris la mort de Mr. Demblon". Le personnage dont il est question ici était Jean Nicolas Michel Demblon (Neuville-en-Condroz 1762- Liège 28/10/1825), jardinier en chef du jardin botanique de Liège. Quelques plantes récoltées par lui figurent dans les herbiers de Gaëde (LG).

13/5/1827 : "J'ai reçu hier la première feuille du Compendium, sur laquelle j'ai fait toutes les corrections nécessaires. J'attendrai une nouvelle épreuve pour en faire probablement de nouvelles ; car on ne peut pas voir tout à la première fois".

28/11/1827 : "Je sens autant que vous que nous ne pouvons donner trop de soin à notre Compendium qui doit faire la loi en Belgique, notre honneur y est intéressé ; je ferai tout mon possible pour le rendre digne de votre nom et du mien. Quand on voit l'anarchie qui règne actuellement en Botanique, on en est presque dégoûté, on voudrait voir la science moins avancée et plus stable. Chacun détruit ce qu'a fait un autre".

31/3/1828 : "Voilà donc le 1er volume du Compendium terminé, en voici la table, l'errata et le titre. Veuillez me donner vos instructions pour les envois et la distribution".

10/4/1828 : "J'ai signé les 600 exemplaires ou plutôt 607 avec les cassés".

 

L'un des 607 exemplaires du Compendium signés par R. Courtois

 

14/8/1830 : Courtois est à Bruxelles ; "j'ai été confondu des richesses immenses rapportées de Java par M. Blume. L'herbier de Persoon est aussi entre ses mains pour l'herbier national".

1/1/1831 : "Dans le désordre qui a eu lieu à Bruxelles, Blume a pu emporter tranquillement en Hollande et l'herbier de Persoon et ses collections acquises de nos deniers par l'ex-gouvernement.-".

1/8/1831 : "Hayen m'a justement fait remettre samedi l'exemplaire de notre Compendium cartonné avec luxe à la nouvelle manière. Je pense qu'il ne sera pas plus mauvais de l'offrir vous même à S[a] M[ajesté] lorsque vous aurez l'occasion de la voir. ... On attend le roi vers 10 heures. On a fait des préparatifs qui surpassent tout ce qu'on avait fait précédemment".

9/10/1831 : "Le Roi est ici depuis hier soir. Il vient visiter le jardin cet après midi, et ira aussi chez Jacob Makoi. Il doit aller demain à Verviers. Peut être le verrez-vous, et aurez vous l'honneur de lui présenter notre ouvrage ?".

3/3/1833 : "La science est si ingrate pour ses profits, qu'on serait tenté de l'abandonner pour du positif, si son étude n'était ma plus grande consolation".

30/3/1833 : "Le paquet de Bonn est enveloppé d'une feuille de l'herbier des environs de Rome. L'écriture la plus générale est celle que vous verrez au verso, les mots Orchis morio sont ajoutés d'une autre main, la même écriture se retrouve encore sur plusieurs feuilles, c'est celle du dernier possesseur de l'herbier avant Libert, c'est à dire du Professeur Landois, de Montpellier, autrefois professeur au Lycée de Liège" [Landois Claude (Chalon-sur-Marne 26/3/1750- ?), professeur de zoologie, de minéralogie et de botanique à la Faculté des Sciences de l'Académie de Liège] (Florkin, 1957).

11/12/1834 : "Mr Gaëde est dans une position bien critique par suite de la perte hémorrhagique qu'il a éprouvée, à laquelle s'est jointe une irritation gastro-bronchique qui l'a empêché jusqu'à présent de donner ses cours".

2/1/1834 : "Je vous informe que Mr Gaëde a expiré la nuit dernière, dans les angoisses d'une phtisie combinée avec un anévrisme du coeur".

22/2/1834 : "J'ai fait l'acquisition de l'herbier de Libert (le jardinier) qui contient les plantes recueillies aux environs de Rome..."[ Libert Etienne (Liège 8/9/1771- Liège 23/1/1845), horticulteur au Thier à Liège. Herb. LG in Courtois].

22/3/1834 : voyage à Gand ; "Nous avons causé longuement avec Mr Nyst [Maestricht 18/1/1780- Bruxelles 1/5/1846] de ses excursions dans la Campine lors du voyage de Mr De Candolle. C'est un homme bien aimable. Il m'a donné environ une soixantaine d'espèces indéterminées de la Guadeloupe, et m'en a promis d'autres".

La collection des lettres écrites de la main de Courtois s'étend du 10 novembre 1819 au 14 mars 1835, les suivantes dictées à son épouse, Richard n'ayant même plus la force d'écrire ; les dernières sont signées Louise Caro Veuve Courtois. Il a été emporté, à 29 ans, par la tuberculose. Les villes de Liège et Verviers lui ont rendu hommage en lui dédiant chacune une rue.

 

Diplôme de membre de la Société libre d'Emulation
de Richard Courtois

 

Nous avons dû passer sous silence bien des détails de sa correspondance et de sa vie. Rappelons toutefois qu'il publia, avec Lejeune, le "Choix des Plantes de la Belgique", herbier composé de 1000 numéros. Le Mn. ULg n° 730 renferme des aquarelles de plantes diverses peintes par Courtois (Hydrangea, Orchidées, etc.). Les nombreux diplômes obtenus par Courtois sont conservés à la bibliothèque principale de Verviers.


Etiquette de l'Herbier Courtois (LG)

 

 
La dernière publication de R. Courtois

 

Son frère Edouard (Polleur 14/9/1816-Liège 14/2/1886) fut horticulteur, rue Monulphe à Liège.

 


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