COMITE DE DEFENSE DES SERRES ET DU JARDIN BOTANIQUE DE LIEGE ASBL

HOME

HISTORIQUE

AGENDA

ACCES

INFO

CONTACT

ARCHIVES

LIENS


 

Avant-Propos :
la naissance d'un cimetière

Un espace vert privilégié

Plantes et symbolique funéraire

Sépultures

Historique des Sociétés

Notices biographiques

Quel avenir ?

Remerciements

Bibliographie

Liens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"ROBERMONT"
J. Beaujean - 2000



DAMBLON Jean (1913-1987)

  

  • Chaudfontaine 8/2/1913 - Liège 6/9/1987.
  • Veuf de Renée Georgeon.
  • Hortonome du jardin botanique ULg, botaniste et mycologue amateur.

 

Après ses études à l'Ecole moyenne communale de Liège, Jean Damblon était destiné à une carrière de délégué d'agent de change. Cette profession ne le passionnait guère, il se sentait attiré par les sciences naturelles.

A partir de l'âge de 15 ans, il se fit membre de diverses sociétés scientifiques : Les Naturalistes belges (1928), Cercle des entomologistes liégeois (1928), Société royale belge d'anthropologie et de préhistoire (1930), Musée de la vie wallonne (1930), Cercle de botanique liégeois, devenu ensuite Société botanique de Liège (1931), Société royale de botanique de Belgique (1932), Société mycologique de France (1934), Société royale d'horticulture de Liège (1935), Société centrale forestière de Belgique (1939), Les Naturalistes verviétois (1943), Société libre d'émulation (1947), Musée Léon Frédéricq (membre du Comité de gestion)(1948), Natura mosana (membre du Comité de direction) (1948), Les Amis du Musée Léon Frédéricq (membre du Conseil d'administration et trésorier-adjoint)(1949), Société française des Amateurs de jardins alpins (Paris) (1956).

Ses activités de délégué d'agent de change lui laissant quelques loisirs, il occupa certaines fonctions para-universitaires : préparateur-technicien temporaire de botanique systématique dans le service du professeur Monoyer (1945) ; attaché au Laboratoire de Recherches pour la Protection des Populations civiles en cas de guerre (de 1954 à 1965) ; chargé de recherches par le F.N.R.S. sur les gisements uranifères du Katanga (1957), il effectua un voyage de 3 mois dans cette région, accompagnant le professeur P. Duvigneaud (ce voyage ne se fit pas sans heurts, mais tout finit par rentrer dans l'ordre). Dès 1950, il posa sa candidature au poste d' hortonome du jardin botanique de Liège, mais pour des questions statutaires ce poste ne fut créé qu'en 1959, et Jean Damblon y accéda finalement le 15 août de cette même année.

La liste de ses publications, surtout mycologiques, serait trop longue à détailler ici. Il faut cependant souligner sa longue coopération avec les mycologues liégeois, P. Baar, Z. Bacq, M. Delpérée, F. Darimont, plus tard J. Lambinon et V. Demoulin. Il participa dès 1931, comme illustrateur, aux travaux de son ami intime Robert Leruth (1912-1940), sur la faune cavernicole des grottes de Ramioul. En 1964, la SRHLg édite "De la Montagne à mon jardin", où l'auteur, passionné de flore alpine, donne les description et méthodes de culture de 1600 espèces, variétés et hybrides. Cet ouvrage, le premier aussi complet en langue française connut un véritable succès tant en Belgique qu'à l'étranger, parmi les amateurs, nombreux, de jardins de rocaille.

Artiste aquarelliste, il mit ses talents au service de la mycologie (de nombreuses oeuvres se trouvent dans les collections du laboratoire de mycologie de l'ULg).

 

Trois années furent nécessaires pour la réalisation des 40 toiles illustrant "Le monde des champignons" [conception et texte des panneaux : J. Lambinon ; réalisation et illustration : J. Damblon, avec la collaboration de J. Beaujean et J. Vaessen], ornant les murs de l'institut de botanique.

Lactarius repraesentaneus Britz
(aquarelle de Jean Damblon)

Ses talents d'artiste et son amour pour la flore alpine l'amenèrent aussi à la réalisation de plusieurs jardins de rocaille (Bardfeld, 1987). Début des années 1950, il fit "ses premières armes" en la matière dans la conception de la rocaille de Madame M. Bardfeld (Queue-du-Bois 2/1/1904 -Liège 13/4/1999) à Bellaire, merveilleux jardin, que nous avons visité un nombre incalculable de fois et qui à chaque fois nous réservait de nouvelles surprises. Vers 1963-64, il conçoit l'enrochement de la serre "désertique" de son ami Jean Doinet (Liège 7/5/1905-Dolembreux 18/2/1976) (inhumé au cimetière de Sainte-Walburge, parcelle 47-1), cactéiste de grande réputation, qui retiré des affaires, installa ses collections de cactées et succulentes dans une vaste serre attenante à son habitation, collection qui fut léguée à l'ULg et qui fait actuellement l'admiration des visiteurs de l'Observatoire du monde des plantes, au Sart Tilman.

Une réalisation de J. Damblon,

la serre "désertique" J. Doinet
à Dolembreux

(Jean Doinet dans sa serre)

En 1968, juste après les Floralies liégeoises, dont Damblon fut le Commissaire général, l'ULg avait acheté un lot de cactées et autres succulentes en vue de leur plantation aux abords de la station océanographique de Calvi, en Corse. Le transport de ces plantes, unique dans les annales de l'armée belge, a dû laisser pas mal de souvenirs dans la mémoire des pilotes du C 119 ; ce fut probablement la seule fois où l'armée effectua un tel transport ; nous accompagnâmes Damblon et Doinet dans cette mission très particulière ! Damblon n'avait pas de jardin en dehors du jardin botanique, et il sut y laisser son empreinte.

Damblon étant un "rocailleur" né, rien d'étonnant à ce qu'il remania, en 1965, la rocaille de l'ancien jardin botanique de la rue Louvrex, rocaille dont Edouard Morren conçut le projet en 1864 et qui fut réalisée vers 1880-81 (Beaujean, 1981), mais en ne tenant aucun compte de la stratification des pierres, ni des composts spéciaux nécessaires à la culture de plantes alpines ou saxatiles...

Une photo ancienne de la rocaille Morren,
Photo prise par Ferd. Massange-de Louvrex

En 1961, est tombée la décision de transférer le jardin botanique dans le nouveau campus universitaire du Sart Tilman, sous l'impulsion du recteur M. Dubuisson. En 1972, un vaste espace est réservé dans le nouveau jardin botanique pour la création d'un jardin alpin. Ici, Jean Damblon donne libre cour à ses talents de créateur. Des centaines de tonnes de roches (surtout des quartzites) sont mises en place avec des moyens de fortune et un nombre restreint de jardiniers. Pourtant l'ensemble, planté de milliers d'espèces des diverses montagnes du globe, à peine terminé, sera bien vite délaissé, faute de moyens humains et financiers. Nous avons aussi participé à cette aventure et nous regretterons toujours l'abandon de cette oeuvre qui demanda tant d'efforts. Damblon s'intéressa aussi à la gestion du domaine universitaire, notamment en faisant partie du Conseil des Sites.

Comme nous l'avons dit, Damblon fut administrateur de diverses sociétés, notamment de la SRHLg, où il entra en 1935, sous la présidence de M. Dehalu (Montegnée 1/9/1873-Liège 15/6/1960), professeur (astronomie) et administrateur-inspecteur de notre Alma Mater, nommé président de la SRHLg en date du 20/1/1935. Un hybride de Broméliacée, Vriesea 'Administrateur Dehalu', probablement créé par Ch. Chevalier, évoque son souvenir et est toujours cultivé dans les serres de la rue Louvrex. Mais c'est surtout dans la SBLg qu'il s'investit le plus : membre du Conseil d'administration, trésorier jusqu'en 1970, secrétaire du Cercle de mycologie (1934), président du Cercle de phanérogamie (1971). Dès 1937, il est co-fondateur, avec A. Monoyer et directeur-technique de la revue de botanique "Lejeunia". Il fonde à cette occasion les "Presses Lejeunia" et y travaille de manière artisanale, avec entre autres R. Roncart, lui-même botaniste amateur (Verviers 1/6/1899- Herstal 8/4/1995).

Depuis l'époque de Ch. et Ed. Morren, le jardin botanique éditait un Index seminum : Damblon lui donna une nouvelle orientation en y présentant, de façon modeste au début, mais rapidement étoffée, une rubrique "récoltes dans la nature". Ce catalogue acquit une réputation enviée au niveau mondial, mais toujours par manque de moyens, il cessa de paraître après la présentation des récoltes de 1993 (Lambinon et coll., 1994).

Outre ses talents en botanique et en horticulture, J. Damblon fut aussi un grand cuisinier et tous ceux qui eurent le privilège de s'asseoir à sa table gardent un souvenir ému de sa "crème forestière" et d'autres préparations à base de champignons ; on en trouve un souvenir dans sa collaboration au livre de mycogastronomie de C. Lambinon-Adam (1982).

De cet homme modeste, que nous avons eu le privilège de connaître dès notre entrée au jardin botanique, en 1965, nous gardons un souvenir ému : il nous a fait découvrir les beautés de la nature, et les herborisations nombreuses que nous avons faites en commun et dont les traces se retrouvent dans notre herbier (LG) sont pour nous inoubliables; en outre il nous a transmis les connaissances en botanique que nous ne possédions pas, ou si peu, à notre sortie de l'Ecole d'horticulture, et c'est en grande partie grâce à lui que nous avons pu gravir les échelons de notre carrière à l'Université.

Le riche herbier qu'il a constitué lors de ses voyages en Belgique et à l'étranger fait partie intégrante des collections de LG. Il nous faut pourtant regretter que n'y soit pas inclus au moins un isotype de l'espèce africaine Lindernia damblonii (Scrophulariaceae) que P. Duvigneaud lui dédia en 1958.

Jean Damblon vivait seul depuis le décès de son épouse, et c'est seul qu'il est mort. Une embolie l'a emporté rapidement, sans souffrance.

  


ROBERMONT Accueil Haut de page




HOME

HISTORIQUE

AGENDA

ACCES

INFO

CONTACT

ARCHIVES

LIENS