COMITE DE DEFENSE DES SERRES ET DU JARDIN BOTANIQUE DE LIEGE ASBL

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"ROBERMONT"
J. Beaujean - 2000



DOSSIN Etienne (1777-1852)

 

  • Liège 7/2/1777 - Liège 25/12/1852.
  • Célibataire.
  • Pharmacien et botaniste.

 

Dossin avait achevé ses études de sciences à Paris. Antoine Laurent de Jussieu, dont il suivait les cours et les herborisations, eut pour lui une telle estime, qu'il lui donna en souvenir l'exemplaire du Systema naturae de Linné, qui avait appartenu à Jean-Jacques Rousseau. La carrière de Dossin pourrait se diviser en deux parties :

1° le pharmacien : Dossin avait été admis garçon pharmacien par le Collège des médecins de Liège le 30/1/1794. Le diplôme de pharmacien lui fut délivré, par le jury médical du département de l'Ourte, siégeant à Liège, le 20 août 1808. Si la culture de la pomme de terre était connue dans nos régions dès avant 1730, elle était principalement destinée à la nourriture des animaux... et des pauvres. Ce serait d'ailleurs un modeste cultivateur de Jalhay, un certain Grégoire, qui aurait initié le célèbre Parmentier à sa culture. A Liège, l'un des nombreux cultivateurs ("cotty ") au quartier d'Avroy, Nicolas Foidart (Liège 29/7/1772 - Liège 4/2/1846), dit Féodal, époux de Anne Maquoi, destinait ses productions de "crompîres" à la nourriture de sa gent porcine. Il se faisait aider dans le dur labeur de la terre, par des ouvriers originaires de la Hesbaye, qu'il devait nourrir. Ces hommes à l'appétit insatiable, non content des copieuses rations qui leur étaient distribuées, se rendaient furtivement dans la porcherie et se régalaient des pommes de terre destinées aux cochons. Dans ce même quartier d'Avroy, s'élevait une belle demeure, la Tour aux sapins (démolie en 1892), habitée par Dossin. Celui-ci, en pharmacien consciencieux, analysa le tubercule et en reconnut chimiquement les qualités quant à l'alimentation humaine. Sur ses conseils, Foidart s'efforça d'améliorer une race très longue, issue de celle que l'on appelait "pomme de terre ananas", et après des semis répétés, il obtint une belle variété ayant la forme d'une corne et qui fut dénommée Cwène di Gade Foidart, et jouit dès lors d'une vogue croissante. Vers 1830, une coutume fit son apparition : une Cwène di Gade grillée sous la cendre était distribuée gratuitement, en soirée, aux habitués des cafés bourgeois.

2° le botaniste : dès 1806, le préfet du Département de l'Ourte, A. Desmousseaux (1757-1830) puis son successeur le baron Ch.-E. Micoud d'Umons (1753-1817) [dont le beau-fils était un botaniste français, le comte H. Jaubert (1798-1874)] s'adressèrent à toutes les notabilités locales en vue de dresser le tableau du règne végétal du Département.


A. Desmousseaux


C.E. Micoud d'Umons


H. Jaubert (13 ans)

Deux botanistes répondirent à cette requête : A.L.S. Lejeune, médecin à Ensival et Dossin, de Liège. Pour ce dernier, un rapport lu en séance publique, le 6 juillet 1807, de l'éphémère Société libre des sciences physiques et médicales de Liège, par N. Anciaux fils, docteur en chirurgie nous dit :

"Il appartenait à Mr Dossin de présenter la flore du département, ses travaux multiples lui ont en quelque sorte acquis ce droit exclusif. Il a rempli sa tâche et a comblé notre attente".

La flore avait été étudiée par Dossin ; celui-ci avait rassemblé un vaste herbier (LG) (il fut acheté le 15/1/1863 à Navarre, près de la station des Guillemins, par E. Morren pour la somme de 225 F., formé de 4 vol. in fol.+ 7 vol. in 8°] ; Dossin en avait dressé le catalogue.

Catalogue de Dossin
Manuscrit n° 560 -ULg

Nous n'avons pas pu localiser l'original de ce catalogue, mais deux copies de la main de Dossin sont conservées à la bibliothèque de l'ULg (Mns. nn° 560 et 2631), l'une dédicacée à B.C. Dumortier, accompagnée d'une lettre manuscrite, l'autre à l'attention de l'abbé Ramoux. L'abbé J. Ramoux (Liège 21/1/1750 - Glons 8/1/1826), curé de Glons, membre fondateur de la SLEm, musicien (il a écrit les 2 premiers couplets de notre "Valeureux liégeois"), était aussi un botaniste réputé. La lettre de Dossin à A.P. de Candolle (22/10/1810) nous apprend : "Le Curé Ramoux a bien voulu se charger de donner la liste des noms wallons des plantes, ... ". Qu'est devenue cette précieuse liste, car elle ne se trouve pas à Genève ? Par ailleurs, dès 1802 il demandait la création à Liège d'un "jardin public des plantes", nous dirions aujourd'hui un jardin botanique (AELg, Fonds Français n°456). Le catalogue de Lejeune fut préféré à celui de Dossin, qui, semble-t-il, en garda une certaine rancoeur.

En 1810, de Candolle qui avait reçu, sous l'Empire, la mission d'écrire la Flore française, passa par Liège. Il arrive dans notre ville, venant de Marche, le 19 août ; le 20 il visite la ville et dîne chez le préfet. Il passe sa journée du 23 août "à voir l'herbier de Dossin" et prend des notes sur les plantes qui y figurent. Ces notes sont extrêmement précieuses car, contrairement à l'herbier et au catalogue, il s'y trouve des indications sur les lieux de récolte de certaines plantes, mentions que de Candolle utilisera pour la Flore française (1815).

En juin 1822, R. Courtois rend visite à Dossin, et dans une lettre adressée à Lejeune en date du 29, il dit, après une brève description de l'herbier :

"C'est un homme vraiment instruit, ou qui l'a été... Si je continue dans son amitié il me sera d'un grand secours pour l'étude de la Cryptogamie. Il ne m'a pas dit un seul mot de vous, et quand j'ai dit que vous aviez été mon premier guide il a feint ne pas vous connaître. Du reste il me paraît un très bon homme".

Courtois va revoir Dossin en juillet, et dans une lettre à Lejeune toujours, il écrit :

"J'ai été voir encore dernièrement M. Dozin [sic] ; je tache toujours de l'amener à me montrer son herbier et sa bibliothèque en entier, mais je ne peux pas y parvenir, il va me chercher pièce par pièce ce dont nous parlons ... quand j'aurai vu tout je ne sais ce qu'il dira, car la conversation sur les plantes du pays est stérile à présent ... Il m'a montré aussi une partie de son herbier phanérogamique. il ne consiste que de plantes indigènes qu'il s'enorgueillit d'avoir recueilli toutes lui même mais de la manière dont c'est arrangé il est impossible de rien ajouter, et il n'ajoute plus rien non plus ... beaucoup de plantes de votre flore lui manquent. Je lui en ai présentées qu'il n'avait pas, mais il les a refusées poliment ".

Cependant, en 1824, Lejeune dans sa Revue de la Flore de Spa, p. 210 écrit :

"Obs. Je n'ai pas trouvé cette espèce [Thalictrum galioides Nestler] : M. Dossin, botaniste très-instruit, doit l'avoir trouvée dans la province de Liège : M. Courtois l'a vue dans son herbier ".

Dossin était aussi amateur d'art ; il avait rassemblé en sa demeure une riche collection de tableaux. Lors de la vente de celle-ci, le 29 août 1853, on y voyait notamment une oeuvre connue de Léonard Defrance : "Visite à la fabrique de tabac".

Demeure d'Etienne Dossin
avant sa démolition en 1892
(photographie


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