COMITE DE DEFENSE DES SERRES ET DU JARDIN BOTANIQUE DE LIEGE ASBL

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"ROBERMONT"
J. Beaujean - 2000



MORREN Charles (1807-1858)

 

  • Gand 3/3/1807 - Liège 17/12/1858.
  • Epoux de Marie Verrasselt.
  • Professeur de sciences naturelles à Gand, ensuite à Liège.

 

De la biographie lui consacrée par son fils Edouard (E. Morren, 1860), nous nous bornerons ici à reprendre les grandes étapes de sa brillante carrière, en rapportant des faits peu ou pas connus.

Fils de Charles Ignace François Morren (Grammont 1773 - Molenbeeck-Saint-Jean lez Bruxelles 1837), médecin militaire et de Marie Catherine Pope (...?...-16/4/1810), il fut élevé par des parents, suite au décès de sa mère quand il n'avait que trois ans ; il dédia d'ailleurs un poème à celle-ci, alors que curieusement il ne fit jamais allusion à son père. Lorsqu'il fut nommé professeur extraordinaire à l'Université de Liège, le 5 décembre 1835, il vint habiter dans une belle demeure située dans le quartier du Mont-Saint-Martin (actuellement le n° 15, immeuble en cours de restauration) ; plus tard, il s'installa avec sa famille en un endroit plus champêtre, à Bois-l'Evêque, pour finalement se rapprocher de "son" jardin botanique, rue Louvrex n° 71 (nous ignorons à quel numéro actuel correspond cette adresse).

Morren occupa donc la chaire de botanique laissée vacante par les décès successifs de H. Gaëde et R. Courtois. Le cadre de cette notice ne permet pas de détailler la longue liste des travaux de Morren (255, auxquels il faudrait ajouter les nombreux articles dans des journaux), mais nous ne pouvons nous priver d'épingler quelques faits dignes d'être cités. C'est Ch. Morren qui a mis au point, en se référant aux travaux de Robert Brown, la fécondation artificielle de la vanille, plante qui ne pouvait produire de fruits hors de son aire de dispersion naturelle, l'insecte pollinisateur étant absent dans nos serres.


R. Brown

La première fleur qu'il avait fécondée s'était ouverte le 16 février 1836 ; un an après, jour pour jour, le 16 février 1837, elle donnait le premier fruit de vanille qui eût mûri en Europe (conservé dans le musée de botanique LG). Dans la relation du "voyage horticole et botanique en Belgique et en Hollande", dans Bull. Soc. Agric. Départ. de l'Hérault, 25 (1838), Alire Raffeneau Delile (1778 - 1850), botaniste de Montpellier, parle de la vanille de Liège et nous reproduisons un extrait de cette publication rare que nous avons pu nous procurer à la bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle de Paris :

"M. Morren a fait fructifier la Vanille au moyen de la fécondation artificielle. L'air moins pur de la ville, pleine d'usines, n'a point porté préjudice à l'excellence de l'arôme des fruits. Deux principaux pieds de Vanille sont plantés dans une serre chaude de 25 pieds d'élévation, derrière de grands végétaux qui donnent le degré d'ombre qu'il faut... Le pied fertile, garni de plus de cent fruits, est planté dans la bâche qui occupe longitudinalement le milieu de la serre... La tige, plantée depuis quinze ans, ... ".

Vanilla planifolia dans les serres du Jardin Botanique de Liège en 1967
longueur des branches : 17 m (photo du Journal La Meuse 31/10/1967)

 

L'herbier Courtois (LG) renferme une fleur de vanille récoltée (sans date, mais avant 1835) dans les serres du premier jardin botanique entourant les bâtiments de l'ULg. Par ailleurs, Courtois, dans une correspondance adressée au docteur Lejeune datée du 5 mai 1829, indique qu'il avait déjà récolté une fleur de Vanilla.


Plan du premier jardin botanique de l'ULg (décembre 1825)

 

A propos de ce jardin, Morren le trouvant trop exigu, voulut le transférer en un endroit plus vaste et cependant proche de la ville.

Le choix s'est porté sur des terrains situés au Bas-Laveu, dans le quartier de Saint-Gilles.


Plan accompagnant l'acte de vente


Acte de vente des terrains destinés
au jardin botanique (1838)
signé chez le notaire Moxhon

 

Le plan du nouveau jardin fut dressé et présenté le 11 mai 1839 par l'architecte J.E. Remont (Liège 13/11/1800 - Liège 12/3/1883) et annexé à la délibération du Conseil communal de Liège du 26 juin 1839.

Tombe de J.E. Remont

lui-aussi inhumé à Robertmont

Les premières années, les choses avancèrent rondement puisque le 18 décembre 1838, les actes de vente des terrains convoités par la ville furent signés en l'étude du notaire Jean Moxhon (Liège 1/4/1799 - Liège 2/4/1864). Le gouvernement chargea, en 1838, Morren d'aller visiter les jardins botaniques en Angleterre, en Irlande et en Ecosse, afin d'étudier particulièrement les serres de ces pays. Par la suite, les moyens financiers vinrent à manquer, les tracasseries sans fin et les problèmes multiples eurent raison de la santé de Morren, et il ne vit pas aboutir son projet. Son fils Edouard, qui lui succéda, faillit bien lui aussi ne pas en voir la réalisation terminée.

Camelia 'Marie Morren',
dédié à l'épouse de Charles Morren

Il faut souligner ici le rôle tenu par Ch. Morren dans l'essor de l'horticulture liégeoise. Président honoraire de la SRHLg, il incitait les jardiniers-fleuristes, comme on les appelait à l'époque, à améliorer leurs produits. Citons-en quelques-uns au hasard, outre L. Jacob-Makoy, déjà mentionné :

L.J. Galopin (Liège 2/3/1781 - Liège 3/7/1867), pépiniériste, dont les catalogues d'arbres fruitiers présentaient plusieurs centaines de variétés.

Fr. J. Gathoye (Fraipont 9/4/1807 - Verviers 1/2/1859), pépiniériste mort dans un accident de chemin de fer à Verviers, créateur de la poire Beurré Edouard Morren, et dont le père, Denis, est un ancêtre en 5ème génération de "notre" Jean-Louis, actuellement commissaire aux excursions de la SBLg.

Poire 'Beurré Edouard Morren',
obtention de Fr. J. Gathoye,
dédiée au fils de Charles Morren.

J.L. Lorio ("Ans et Glain" 18/2/1793 - Liège 24/1/1869), qui obtint, parmi quantité d'autres cultivars, la célèbre fraise 'Saint-Lambert'.

Quelques fraises,
parmi les obtentions de J.L. Lorio

G.E. Libert-Darimont (Liège 31/8/1804 - Liège 13/6/1875), inhumé au cimetière de Sainte-Walburge (allée 14), qui sélectionna dans ses semis le premier lilas connu à fleurs doubles ; nous pourrions citer nombre d'autres noms bien oubliés de nos jours qui contribuèrent à la renommée de l'horticulture liégeoise.

Le premier lilas à fleur double,
(bleu, à droite)
obtenu en 1843 par G.E. Libert-Darimont
à Liège, et non comme on le croît souvent,
Par Lemoine à Nancy.

En 1843, Ch. Morren fit paraître, à Liège, un recueil de poésie : "Fleurs éphémères", un volume de 448 pages. Nous devons à la vérité de dire que nous n'avons pas apprécié cette poésie ! Un critique littéraire, Ch. Perin, se chargea dès le 26 août 1843 de "démolir" presque vers par vers, cette oeuvre de Morren dans une brochure de 23 pages (vendue 25 centimes, au profit des Pauvres).

Le buste de Ch. Morren fut sculpté par J.J. Halleux (Battice 27/9/1815 - Dinant 25/12/1876), décédé accidentellement. Cette oeuvre achetée pour la somme de 25 F, en date du 23 novembre 1864, fut donnée par Ed. Morren au musée de botanique de l'ULg.

Le blason de la famille Morren porte pour armes : de sable aux trois étoiles à sept raies d'or, le heaume couvert d'un bourlet aux émaux de l'écu, et ayant pour cimier une étoile de l'écu entre un vol de cygne d'argent ; devise : Lucent in tenebris (de Herckenrode, 1845).

Le botaniste anglais J. Lindley dédia à Ch. Morren un genre nouveau de plante, de la famille des Asclépiadacées, originaire d'Amérique du Sud, sous le nom de Morrenia odorata (Hook. et Arn.) Lindley. Nous ne pouvons résister ici au plaisir de citer un extrait de lettre de Morren à Lindley, en date du 7 septembre 1838 :

"Mille actions de grâces vous soit rendues ; je ne méritais pas un tel honneur : Morrenia odorata, je ne savais pas que j'avais quelque parfum. Mais dites-moi, mon spirituel professeur, n'y a t il pas quelque malice à me placer ainsi dans une famille passablement dangereuse ; serai-je un poison à odeur ? ce serait là une sanglante épigramme dont votre coeur est incapable, je le sais, mais que des malins feront peut-être, en riant dans leur barbe. En tout cas, je vous remercie, car le nom de cette plante sera à coup sûr, le seul motif que mon nom subsistera après moi" (Kew Gardens, lettre n° 649, photocopie ramenée de Kew par V. Demoulin).

 

Faire-part de décés de Charles Morren

 

Une rue de Liège porte son nom.

 

 Sépulture de la famille Morren 

Le monument entier est en petit granit et date de 1860. Le socle est constitué de deux assises superposées, la première couvrant l'entièreté de la sépulture (5 m²), la seconde, plus petite, semblant représenter un livre ouvert (le savoir ?).

Sur cette pierre se trouve un autel de forme quadrangulaire sur lequel sont sculptés plusieurs objets ayant un rapport avec l'activité des deux principaux personnages qui sont inhumés dessous : la toge professorale (à brandebourgs et cordon) posée "négligemment" sur l'autel, et à l'opposé, une branche autour de laquelle est enroulé un rameau fleuri de Morrenia (et non de lierre comme on pourrait le croire à première vue).

Des inscriptions sont gravées sur les deux faces de l'autel : à la face extérieure l'épitaphe en latin de Charles, à la face intérieure celle en français d'Edouard.


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