COMITE DE DEFENSE DES SERRES ET DU JARDIN BOTANIQUE DE LIEGE ASBL

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"ROBERMONT"
J. Beaujean - 2000



 MORREN Edouard (1833-1886)

  

  • Gand 2/12/1833 - Liège 28/2/1886.
  • Epoux de Euphémie Xhibitte.
  • Professeur de botanique à l'ULg.

 

Fin 1835, il suivit sa famille à Liège, où son père, Charles Morren venait d'être nommé professeur. La première enfance d'Edouard se passa dans les environs de Liège, à Bois-l'Evêque, où son père habitait une maison de campagne. Tout enfant, il accompagnait fréquemment celui-ci dans ses herborisations et prit goût ainsi de bonne heure aux choses de la nature. Il fit ses humanités au collège Saint-Servais, où il entra à l'âge de 10 ans. Ses parents développèrent chez l'adolescent l'amour de la nature, celui des lettres et des arts. Entré à l'Université le 5 octobre 1849, il obtenait, le 15 avril 1851, le diplôme de candidat en philosophie et lettres. Son père songeait à faire de son fils un avocat et l'envoya suivre les cours de droit. Mais, Edouard pensait plus volontiers aux plantes et rêvait d'herborisations et de voyages botaniques. Il fallut bien lui permettre l'étude des sciences naturelles. En 1852, pour répondre à une question de concours proposée par l'Académie, Morren envoya un mémoire formant un manuscrit de 516 pages, accompagné d'un atlas de 28 planches. Les examinateurs (Spring, Martens et Kickx), constatant que ce travail ne répondait pas complètement à la question posée, décidèrent qu'il n'y avait pas lieu de décerner le prix à son auteur, mais proposèrent d'accorder à celui-ci une médaille de vermeil. Ses recherches servirent plus tard, de base à une thèse présentée à la Faculté des sciences de l'Université de Gand et qui fut publiée, en 1858, sous le titre de : Dissertation sur les feuilles vertes et colorées.

En 1855, un malheur s'abattit sur la famille Morren : Charles, vaincu par l'excès de travail, tomba gravement malade (il aurait perdu la raison, l'annonce de sa mort fut d'ailleurs faite dans différentes publications botaniques, en 1857 !) et Edouard, fils aîné d'une famille de quatre enfants, fut appelé à assumer la mission de chef de famille. Il fut en outre chargé par l'Université de remplacer provisoirement son père et, le 8 mars 1855, le professeur improvisé débuta par une leçon qui fut un véritable succès. Il dut aussi prendre en charge la direction de plusieurs publications périodiques, notamment de La Belgique Horticole, luxueuse publication (traduite en espagnol, sous le nom de : La Espana Horticola) ainsi que la direction du jardin botanique, qui, loin d'être terminé (il fut inauguré en 1883), donna par la suite encore bien des soucis au jeune Morren. Nous passerons rapidement sur les détails de ses nombreuses occupations : étude des plantes carnivores, rédaction de notices biographiques, secrétariat de congrès et expositions, description de plantes nouvelles pour la science qui arrivaient en masse chez les grands horticulteurs [Jacob-Makoy, Linden, etc.] ; ses descriptions faisaient la fortune des introducteurs et répandaient leur renommée ; il a baptisé 14 Marantacées, 9 Orchidacées, 2 Malvacées, 1 Lentibulariacée, 1 Primulacée, 2 Acanthacées, 1 Pipéracée, 2 Crassulacées (dont le Sempervivum funckii var. aqualiense : cf. Beaujean, 1997) mais c'est surtout dans la grande famille des Broméliacées qu'il se distingua : 77 espèces ou variétés nouvelles furent publiées, sans compter celles qu'il envisageait encore de décrire et que la mort ne le lui permit pas de réaliser.

 

 Quelques plantes décrites par Edouard Morren :

Billbergia euphemiae E.Morren

Espéce de Bromeliacae dédiée à son épouse Euphémie par Edouard Morren.

Oncidium limminghei E.Morren

Cette orchidée est la première plante à avoir été décrite par Edouard Morren.

Abutilon vexillarium E.Morren

Pinguicula flos-mulionis E.Morren

Une plante rapportée du Mexique
par Omer de Malzinne

 

Ses descriptions, dans La Belgique Horticole, étaient le plus souvent accompagnées d'aquarelles ; s'il en réalisa lui-même un grand nombre, il fit aussi appel à plusieurs artistes successifs:

  • Virginie de Sartorius (Liège 1/8/1828 - Liège 25/4/1908)
    qui peignit 78 planches de 1865 à 1881

  • P.F. de Tollenaere (1819-1878)
    qui exécuta 21 planches de 1871 à 1876

  • P. Stroobant (? - ?)
    qui réalisa 99 planches de 1874 à 1883

  • J. Cambresier (Lixhe 31/1/1856 - Liège 30/6/1928)
    qui effectua 111 aquarelles, dont 8 seulement
    sont conservées à Liège.

 

Hechtia rosea
(aquarelle de J. Cambresier)

Tillandsia dianthoidea
(aquarelle de V. de Sartorius)

 

Le nombre d'aquarelles répertoriées par le Dr. Jason R. Grant de l'Université de Maryland, spécialiste des Bromeliaceae, s'élève à 536, soit 490 à Kew et 46 à Liège (LG), et non 380 comme l'affirme Jorissenne (1887). Le Dr. Grant, lors d'un voyage en Europe en 1996, eut le loisir d'étudier les aquarelles déposées à Kew. Il eut ainsi l'occasion de réaliser 123 photographies, mais pour d'obscures raisons il ne put mener cette entreprise à son terme ; bien plus, il lui fut interdit de reproduire ses photographies dans ses publications.

Le lecteur s'étonnera peut-être de voir figurer la majorité des aquarelles dans les collections des Royal Botanical Gardens à Kew. Cela s'explique par le fait que suite au décès de Morren, sa veuve dut s'acquitter des frais de succession et fut obligée de vendre la bibliothèque (7149 ouvrages, dont certains rarissimes, et de nombreux manuscrits) et les aquarelles de plantes. La Belgique perdit ici encore l'occasion unique de conserver ce patrimoine exceptionnel que Morren avait patiemment rassemblé dans sa maison de la Boverie à Liège, aujourd'hui disparue.

C'est donc en 1887 que la collection des vélins et le manuscrit de la monographie des Bromeliaceae fut acquis par le jardin botanique de Kew, pour les travaux de celui qui devait continuer l'oeuvre de Morren, J.G. Baker, premier assistant à l'herbarium de Kew. Le travail de Morren était à ce point avancé, que Baker pouvait, en 1889, publier à Londres son "Handbook of the Bromeliaceae". Il est à noter que pour les espèces décrites par Morren comme nouvelles, mais non publiées, Baker se référa aux aquarelles et celles-ci sont donc considérées comme les types de ces espèces, alors que l'herbier contenant les plantes séchées restait à LG.

Cet herbier sera vu notamment par 5 spécialistes :

  • C. Mez (Berlin) en 1893 et 94
  • L.B. Smith (U.S.A.) en 1936
  • Jason R. Grant (U.S.A.) en 1996
  • Andrea Costa (Brésil) en 1997
  • José Manuel Manzanar (Equateur) en 2000

 

Dr Jason R. Grant,
spécialiste des Bromeliaceae
,
lors de son passage à liège en 1996, sur la tombe d'Edouard et Charles Morren.

Dr Andrea Costa,
spécialiste des Bromeliaceae
,
lors de sa visite à Liège en 1997
dans la serre des Bromeliaceae

Notons pour la petite histoire, que nous avons eu l'honneur de recevoir certains et de les conduire se recueillir sur la tombe des Morren, à Robermont. Quant à la bibliothèque, nous ne savons ce qu'elle est devenue ; elle fut probablement disséminée à travers l'Europe, puisque le catalogue Brockhaus (1889) qui y fait référence est déjà diminué de quelque 2333 numéros par rapport au premier catalogue d'inventaire établi (Anonyme, 1887).

Outre son projet de monographie des Bromeliaceae, Morren poursuivit l'oeuvre entreprise dès 1840 par son père. Il ne se contenta pas de l'expérience qu'il avait déjà acquise ; il s'empressa d'aller examiner avec le plus grand soin les instituts étrangers qui pouvaient servir de modèle à celui du jardin botanique de Liège. Le plan primitif de son père avait été modifié en fonction de l'évolution de la science, mais les longues et nombreuses tracasseries administratives, ainsi que le manque de moyens financiers, ne permirent la réalisation que d'une partie du projet. L'institut de botanique, pourvu de laboratoires et de salles de cours fut édifié, mais l'ensemble des serres prévues ne fut jamais complètement réalisé. Morren dut alors se battre pour sauvegarder l'entièreté des surfaces prévues pour le jardin. Il fut question, pendant un moment, d'y construire d'autres instituts, ce qui aurait réduit à néant l'idée primitive de ses concepteurs. Morren dut cependant céder une part des terrains pour l'édification de l'institut de pharmacie. Le 24 novembre 1883, l'institut et le jardin botaniques furent enfin inaugurés, en présence du Ministre de l'Instruction publique et autres hauts fonctionnaires des administrations centrale et communale, du corps professoral et des étudiants.

 

 Quelques plantes dédiées à Edouard Morren :

Rose 'Edouard Morren'

Poire 'Beurré Edouard Morren'

 

Morren ne profita pourtant pas longtemps de son oeuvre ; un ulcère chronique lui rongeait l'estomac et, comme l'a écrit Jorissenne (1887),

"il ne put jamais vaincre la terrible appréhension de finir par un cancer. Hélas ! la péritonite et la perforation qui le tuèrent, devaient lui rendre les affres de la mort aussi cruelles que ce mal implacable".

 

 

Edouard Morren,
buste par Guillaume Beaujean

 

- Faire-part de décès d'Edouard Morren -

 


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