COMITE DE DEFENSE DES SERRES ET DU JARDIN BOTANIQUE DE LIEGE ASBL

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"ROBERMONT"
J. Beaujean - 2000



Biographies : notes complémentaires

 

Comme nous l'écrivions par ailleurs, il ne nous a pas été possible de retracer la vie de tous les personnages repris dans les listes des sépultures :

C'est le cas par exemple de la célèbre paléobotaniste Suzanne Leclercq (Liège 28/3/1901 - Liège 12/6/1994), pour qui nous n'aurions rien pu ajouter à la biographie publiée par Fairon-Demaret (1996).

 

Pourtant, il nous paraîtrait injuste de ne pas rappeler encore la mémoire de trois hommes, qui ne sont pas inhumés à Robermont mais qui font partie intégrante de l'histoire de ce cimetière.

Dans la parcelle 90, se dresse une stèle portant la mention :

"1914 - 1918. Aux camarades du service des sépultures. Detheux Hubert, fossoyeur, soldat 11 r. de ligne, mort pour la Belgique le 12 avril 1916. Leruth Nicolas, Minet François, jardiniers, mort au travail le 22 août 1914. Gillet Ferdinand, convoyeur, prisonnier civil, mort en captivité à Anraths, le 10 juin 1917. Victimes civiles de la guerre".

Parmi eux, nous retiendrons plus particulièrement les deux noms suivants : Leruth Nicolas (Jupille 6/12/1837 - Bressoux 22/8/1914) et Minet François (Bovigny 25/12/1861 - Bressoux 22/8/1914), jardiniers, domiciliés à Grivegnée. Laissons Gobert (t.10, p. 209,1977) nous dire ce qui se passa ce jour là :

"Des scènes on ne peut plus terribles se produisirent le 22 août 1914. A cinq heures du matin, pour masquer leurs vilenies, des soldats allemands prétendirent que des coups de feu étaient partis du champs des sépultures. Les agents du cimetière, en vue d'échapper aux balles des soldats qui voulaient les fusiller, se réfugièrent dans une fosse préparée pour une prochaine inhumation. C'en fut assez pour faire affirmer à ces troupiers sans coeur qu'il y avait là une embuscade. Chose horrible, deux fossoyeurs aussi innocents que tous les employés furent massacrés impitoyablement : un troisième ouvrier fut blessé".

La troisième personne dont nous évoquerons le souvenir est, elle aussi, intimement liée à l'histoire du cimetière : il s'agit de Victor Hourdebise (Liège 8/8/1879 - Ampsin 12/1/1951), domicilié à Court-Saint-Etienne, dont...

"le nom restera attaché à la création, après la guerre 1914-1918, dans l'enceinte de la vaste nécropole de Robermont-Liège, du Cimetière Militaire, à la réalisation duquel il consacra tout son talent d'architecte et de décorateur. Il voulut que ce champs de repos destiné aux héros de la première guerre mondiale fut digne du sacrifice qu'ils avaient consenti, et il y réussit pleinement".

 

 

Une carte postale de notre collection montre très bien l'état particulièrement fleuri de cette partie du cimetière à cette époque.

 

Le Monument Français

"A la mémoire de 14 soldats français morts internés à Liège pendant la guerre de 1870-1871. Souvenir de leurs compatriotes."

 

Jean-Joseph Halleux (1815-1876)

  • Battice 27/9/1815 - Dinant 25/12/1876
  • Fils de Lambert Joseph et de Marie Catherine Césile DETRY
  • Artiste sculpteur

Bien que n'ayant pas de rapport direct avec la botanique ou l'horticulture, nous ne pouvons nous empêcher de parler d'une oeuvre exceptionnelle, située parcelle 30-32 : "La belle au bois dormant", due à l'artiste wallon Jean-Joseph Halleux, celui-là même qui sculpta le buste de Charles Morren.

Sculpteur de talent, Jean-Joseph Halleux étudia aux Académies d'Anvers et de Liège. Il fut boursier, en 1858, de la célèbre fondation Lambert DARCHIS à Rome, ou il résida cinq ans. Durant sa carrière, il réalisa une quarantaine d'oeuvres surtout destinées à des églises de la province de Liège.

 

Dans un travail sur les cimetières de Liège (non publié) Colette DEDAVE, résume ainsi la vie de notre artiste :

"J.J. Halleux est un sculpteur wallon plein de talent, mais qui n'a jamais atteint la réputation et la gloire auxquelles il pouvait prétendre au vu de ses qualités artistiques. Un manque de chance manifeste s'acharnant sur un caractère faible et une volonté souvent défaillante, l'empêcha de devenir un grand maître. Misère et découragement étaient situation courante, et sa raison chancela. Il eut une fin assez pénible, triste résumé d'une pauvre vie."

Il serait tombé accidentellement dans la Meuse, ou il se serait noyé.

Le monument :

"Une jeune femme, portraiturée dans la pierre, repose endormie. Elle esquisse un timide sourire qui éloigne d'elle toute impression funèbre. Car plutôt que la mort, sa position évoque l'abandon dans le repos : elle est appuyée sur des coussins matelassés, les genoux légèrement fléchis, une main ramenée sur la poitrine et l'autre contre ses flancs. Sa tête est inclinée et son visage est serein et dégagé. Un long peignoir couvre son corps. Le gisant est posé sur un socle parallélépipédique et l'ensemble du monument est protégé par une haute verrière... La signature de l'artiste est gravée dans le marbre, sur la face latérale du "lit" (en écriture cursive) : J.J. Halleux sculpteur à Liège 1865."

 

 

La légende romantique qui est attachée à ce monument : notre excellent ami, Lambert Grailet a si bien conté cette légende dans Un autre regard sur Robermont (Si Liège m'était conté... 26, n° 100 : 25), que c'est avec un réel plaisir, et avec son accord, que nous en reproduisons un extrait :

La belle au bois dormant (1865)
" Mourir le jour-même de ses dix-huit ans, avec le sourire ! Tel fut le destin tragique de la jolie Francine[sic] (Francoise Caroline) Lanhay qui s'éteingnit le 7 août 1864. Pour connaître l'illusion de la faire un tant soit peu revivre, ses parents inconsolables s'adressèrent au sculpteur liégeoisJ.J. Halleux (1817[sic]-1876) qui réussit là son chef-d'oeuvre en marbre le plus marquant. Notre artiste fut-il inspiré par les contes merveilleux de Perrault ou des frères Grimm ? Blanche comme neige, Francine semble rêver au doux baiser d'un prince charmant qui, un beau jour, viendra l'éveiller...
La légende du coin raconte que son fiancé, ayant posé maintes fois ses lèvres sur le marbre glacé, fut déçu de son échec ! Peut-être n'avait-il jamais été l'élu du coeur de Francine ?"

Heureusement pour la sauvegarde de l'oeuvre, la concession a été renouvelée pour 50 ans à dater du 13 août 1971, par l'Assistance publique de Liège).

 


Ch. Morren par J.J. Halleux

 

Gene-Hal, La page Web des Halleux : http://home.worldonline.be/~dhalleux

 


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